| Seul en scène
Peut-être
trouverai-je dans cette rencontre
encore un rendez-vous intact
et un silence tout neuf.
Il y a quelques années, j’entrai « seul en scène ».
Depuis, le spectacle est parti en tournée dans toute la France, dans les bourgs, les villages ou les grandes villes, les salles des fêtes, les théâtres à l’italienne, les grosses machines et les petits bijoux, il a même comblé un rêve d’enfant : jouer dans le temple du music-hall l’Olympia.
Le rendez-vous pourtant différent tous les soirs restait intact : un silence qui n’avait rien à voir avec le silence que je connaissais au théâtre. Un silence inconnu, flambant neuf, où ces mots, ces textes, ces grands auteurs, qui m’effrayaient tant ils étaient compartimentés, référencés, élitaires ou populistes, hermétiques ou primaires, tous fragmentaires loin de leurs socles et de leurs titres, étaient là, constituant des morceaux qui ne semblaient pas choisis mais évadés, frais comme un premier jour de liberté.
Bizarrement, tous les soirs, le théâtre – le seul endroit où l’on ne prétend pas à la vérité, là où tout est faux – devenait un refuge, le refuge d’un « vrai moment de vrai ». Peut-être était-ce là qu’un rêve s’accomplissait ; cette sensation fraîche et chaleureuse de liberté, espiègle et naïve n’était plus seulement mienne, elle était partagée. Le public la partageait, n’avait plus peur. Duras, La Fontaine, Maïakovski, Rimbaud, Beckett étaient avec nous dans la cour de récré, nous nous vengions de l’école.
Je viens seul, la voix brute et à mains nues un cahier sous le bras, jouer à rire, à pleurer, à réfléchir avec des mots que je trouve beaux et qui ne me font plus peur. Seul en scène est composé comme un tour de chant, pourtant il s’agit bien de théâtre ; une histoire se raconte malgré moi, qui n’ai pour instrument que mes mains et ma voix.
Jacques Weber
Ce qu’en dit la presse
« Un comédien doit se montrer et s’effacer pour que le lien entre les auteurs et le public se noue. Jacques Weber réussit, seul, un exercice difficile. Génial solo. »
Jean Huyard – Zurban
« Lui, le grand habitué des textes classiques, s’offre un petit plaisir et une grande récréation. Icousiner Molière, Flaubert, la Fontaine, Corneille, Rimbaud, Duras, Artaud, Musset, Beckett, Maïakovski, Baudelaire, Jules Renard, avec même un clin d’œil à Jean-Luc Godard… Jacques Weber, infatigable et insaisissable amoureux du théâtre, est un gourmand des mots, un passionné du verbe, un passeur de textes qui veut faire entendre la langue française. Aller voir ce spectacle, c’est s’offrir une belle promenade littéraire et poétique. »
Arlette Frazier – Pariscope
« Avec un charme, une érudition, une malice, une manière de se moquer de soi, une émotion rares. Jacques Weber fait craquer d’emblée son public avec un art subtil, pour le prendre à témoin de ses mésaventures.
A peine le temps de se préparer au retour en fanfare du « Corbeau ». Et là, chapeau ! Une demi-heure en compagnie de La Fontaine, un chef-d’œuvre, un délire où se voient conviés Laurence Olivier, Spielberg, Julia Roberts, Julio Iglésias, sans jamais perdre le fil, quels dons d’imitateur, quelle joie de vivre, quel bonheur. »
Bernard Thomas – Le Canard enchaîné
« Il s’amuse. Nous aussi. Il frappe juste. Le public l’écoute, bouche bée. Jacques Weber réveillerait une classe de cancres. »
Marion Thébaud – Figaro Madame
« Jacques Weber n’a sans doute jamais été aussi gai, aussi farceur que dans la nouvelle version de son récital « Seul en scène ». Weber, en son for intérieur, rit si fort de la vie, des êtres humains, des mots des poètes, qu’il déclenche des rafales de rire en notre for extérieur. Il s’amuse comme un beau diable, semant le chaud et le froid, en prenant l’air contrefait ou se dressant comme un colosse. Son art est celui du contraste, du saut brutal et savant d’un registre à l’autre. »
Gilles Costaz – Les Echos
« L’œil complice, la mine gourmande, la présence généreuse, Weber se régale. Nous aussi. »
M. B. - Télérama
« Avec virtuosité, il se lance dans son exercice favori, les confidences littéraires, tel un vieux matou se pourléchant. Jacques Weber donne une vie, une intensité et une dramaturgie à cette langue si parfaite qu’on en reste saisi. La farandole est très colorée.
Allez-y, vous passerez une délicieuse soirée. »
Agnès Dalbard – Le Parisien
« Weber donne la crème de son âme. Il faut aller l’applaudir. Ses mystères, sa guerre. La vie nous y attend. Dans ce qu’elle a de meilleur. Le pire serait de ne pas s’en apercevoir. »
Delphine de Malherbe – Le Journal du Dimanche
« Savoureux et magistral. On ne va pas bouder son plaisir, et Dieu sait que Weber en prend et qu’il en donne, dans les grandes largeurs, avec ses grosses mains de géant. »
Frédéric Ferney – Le Figaro
Cyrano m’était conté
D’après Edmond Rostand. Adaptation André Serré et Jacques Weber
Allez encore une fois, Monsieur Cyrano, racontez nous :
Cyrano et Christian, Roxane et de Guiche,
Soyez tout à tout l’un et l’autre,
Soyez au balcon et en bas
Soyez Montfleury et Ragueneau
Emmenez nous à Arras
Pour que l’espace d’une soirée nous soyons avec vous
Là-bas, au pays des nuages, au pays des rêves
Tout près des étoiles.
Avec Jacques Weber, Xavier Thiam, Anne Suarez…
Retour en haut de page

JACQUES WEBER raconte… Monsieur Molière !
Biographies et ouvrages critiques ne manquent pas sur Molière et son œuvre…
Un livre s’est toujours détaché à mes yeux, celui d’un étranger, un Russe : le Roman de Monsieur de Molière de Mikhaïl Boulgakov.
Auteur aimant passionnément le théâtre, victime du stalinisme, il ne peut être joué et doit se contenter d’être un obscur assistant au Bolchoï ou au Théâtre d’Art.
Il voit dans l’œuvre et la vie de Molière l’expression la plus énergique du créateur en tant que « hors la loi », et par là même nous propose une transgression complice, chaleureuse, d’un humour féroce.
Boulgakov se révolte comme Molière en son temps : comme lui et par lui, il dénonce l’air de rien (ce qui lui permet de le faire), les rapports de l’artiste et du pouvoir, la censure et le poids de l’étatisme.
Cette fusion entre la vie de Boulgakov et celle de Molière nous donne un livre vivant, loin des biographies sentimentales ou « scientifiques », un livre généreux et puissant, rigolard et grave, un livre qui appelle une lecture franche et engagée, robuste, enthousiaste et sans manières, une lecture urgente, loin de la commémoration, tout près de la brutalité d’une vie ; et c’est dans cet esprit de liberté qu’au gré des représentations « en confidence » je pourrais dire, jouer, citer quelque répliques, scènes ou textes du répertoire classique.
De petits rêves me seront permis : jouer Agnès, Célimène, La Flèche ou pourquoi pas Phèdre, Antiochus, le Cid…
« Au théâtre on joue, au cinéma on a joué. » (Louis Jouvet)
Jacques Weber
… Une accoucheuse qui avait appris son art à la maternité de l’Hôtel-dieu de Paris délivra le 13 janvier 1622 la très aimable madame Poquelin, née Cressé, d’un premier enfant, un prématuré de sexe masculin.
Je peux dire sans crainte de me tromper que si j’avais pu expliquer à l’honorable sage-femme qui était celui qu’elle mettait au monde, elle eût pu d’émotion causer quelque dommage au nourrisson, et du même coup à la France.… Comprenez que cet enfant n’est autre que:
Monsieur Molière
Ce qu’en dit la presse
« Quelle belle et plaisante leçon ! Jacques Weber l’agrémente de sourires, de regards malicieux et de ronds de jambes, s’amuse à imiter les tragédiens de l’époque, se découvre Agnès et devient Cyrano avant de prendre un ton plus grave pour évoquer les derniers instants de Molière cependant que faiblissent les lumières des projecteurs. On saluera le bel hommage qu’il rend ainsi à celui que Boulgakov appelait Monsieur de Molière … »
André Lafargue – Le Parisien
« Seul en scène, Jacques Weber s’inspire du Roman de Boulgakov sur la vie de Molière et venge tous les saltimbanques de la bêtise des puissants. »
Gilles Costaz - Zurban
« Un récit émaillé d’anecdotes réjouissantes, croustillantes, entrelardé d’humour, de cocasserie et d’émotion. Un portrait qui offre une autre facette de ce comédien royal en combat perpétuel avec lui-même, avec l’Etat, le roi et ses détracteurs. (…) En nous faisant partager l’intimité de cet homme hors du commun, Jacques Weber lui rend un hommage éblouissant. »
Arlette Frazier - Pariscope
« Jacques Weber a les doubles qualités de l’acteur-conteur. Il s’amuse, fait surgir les amis et les ennemis du chef de troupe, les passants de l’Histoire et les héros de la fiction, les coulisses de la vérité et la scène de l’imaginaire. Il dessine quelques caricatures de femmes trop coquettes et de puissants trop vaniteux, cabotine ou dépouille selon les événements mais, la voix nouée ou dénouée selon l’humeur, ne perd jamais son récit, qu’il enfonce comme un clou ou plutôt comme une cause à donner en pâture aux blasés d’aujourd’hui, des annales de l’époque lointaine des rois qui restent une leçon à méditer en toute république. Weber, non pas professeur mais confesseur d’Histoire. »
Gilles Costaz - Les Echos
Retour
en haut de page |